priscillem

Rentrées

Dans événements le 28/09/2011 à 07:56

Après deux années à parcourir la géographie asturienne, voici venue la rentrée.
Retour au blog, rentrée des classes.

Immanquablement elle évoque des impressions d’enfance: couleurs d’automne, lumière dorée du couchant, froidure des petits matins où le soleil met de plus en plus de temps à se lever.
Ici, nous avons de belles journées, chaudes parfois – certainement pour nous faire oublier les mois d’été exécrables que nous avons eus.
J’ai envie de savourer un petit dicton; je ne peux pas m’en empêcher car mes origines paysannes me tiennent de près, comme la bonne terre grasse et noire colle à la botte. J’attends tout de même qu’il ne se s’avèrera pas exact, car il nous laisserait sans vin ni cidre!

“Septembre humide, pas de tonneaux vides”

Or notre septembre, de ce point de vue ci (et seulement de celui-ci) laisse à désirer!

Allons donc profiter, maintenant que le temps et le travail nous le permettent encore, de la douce arrière-saison en pensant à nos rentrées, rentrée des classes, rentrées des activités (piscine, musique, judo) des enfants, rentrées -rêvées- d’argent (note mentale: jouer au loto)… Vive les rentrées.

Mais, je ne voudrais pas partir sans une petite prière, une litanie, de celles que j’aime, avec des Saints inventés, comme Saint-Glinglin, Sainte-Nitouche ou Saint-Frusquin. Je suis persuadée que les écoliers ne manquent pas d’en faire une semblable, avec des mots forcément différents, les temps ont changé!

LITANIE DES ÉCOLIERS

Saint-Anatole,
Que légers soient les jours d’école !
Saint Amalfait,
Ah ! Que nos devoirs soient bien faits !

Sainte Cordule,
N’oubliez ni point ni virgule.
Saint Nicodème,
Donnez-nous la clef des problèmes

Sainte Tirelire,
Que Grammaire nous fasse rire !
Saint-Siméon,
Allongez les récréations !

Saint Espongien,
Effacez tous les mauvais points.
Sainte Clémence,
Que viennent vite les vacances !
Sainte Marie,
Faites qu’elles soient infinies !

Maurice CARÊME (1899 – 1978

tirée du site regorgeant de poésies sur l’école: mes petits bonheurs

Les neiges de l’Aramo

Dans civilisation, en pratique le 02/12/2009 à 12:22

aujourd’hui fut un jour d’automne froid, entrecoupé de giboulés. Les éclaircies faisaient place aux averses; le froid et le vent nous accompagnaient.

Mais surtout, l’Aramo se cachait à notre vue, croûlant sous les nuages… quand la lumière nous laissait apercevoir sa masse, on devinait les neiges, toutes neuves, tout en haut, au sommet.
Quel temps! Alors, pour me réchauffer, sans vraiment y penser,  j’ai sorti cocottes et marmites; je les ai dépoussiérées et les plats en sauce que je mangeais, petite, chez ma grand-mère me sont revenus à l’esprit…

Je crois que ce sont plus  les odeurs -qui ravivent si bien les souvenirs-  qui m’ont fait envie. Elles m’ont rappelé les plats qui mijotaient longtemps, longuement, doucement dans la marmite posée sur la cuisinière à bois de ma grand-mère. Viandes macérée dans le vin blanc (alors, c’est une blanquette de veau, aux champigons de Paris) ou dans le vin rouge (le boeuf bourguigon ce qu l’on appelle chez nous une “daube”, dans le pineau des Charentes  (veau braisé aux carottes), civet de lièvre -chassé par mon père: on trouvait toujours un plomb de chasse perdu!-… Je me souviens surtout des odeurs dans la maison car ces plats embaumaient toute la demeure et de l’interdiction formelle de s’approcher de la cuisinière qui brûlait. Parfois, on me permettait de jeter un morceau de bois à l’intérieur, c’était fascinant:  flammes, chaleur.

Mais tout cela est révolu: qui utilise de nos jours une cuisinière à bois? je pense que peu de gens, du moins chez nous. A l’ère des plaques électriques, des micro-ondes, qui continue à faire mijoter, des heures durant, des plats destinés à être engloutis en un repas? Non,  définitivement, ce n’est pas très productif, ni rapide… Pourtant, je vous assure que la cuisinière (ou le fourneau à bois), qui chauffait la pièce, cuisait les repas, et réchauffait les bouillottes -briques refractaires que l’0n enveloppait d’un linge pour les glisser dans les draps des lits, froids d’humidité dans ces pièces où le chauffage central n’existait pas encore- était un élément central des maisons d’autrefois. Je m’en souviens avec plaisir. C’est pour cela, pour cette vie d’avant, où la mesure et la conception du temps étaient différentes, qu’aujourd’hui je ferai une blanquette de veau et demain, une daube … Pour les neiges d’antan, pour les neiges de l’Aramo.

Le fond musical sera, sans aucun doute, “Les Neiges d’antan”, du grand Georges.

Au fait, ce n’est pas sorcier ! (ce que me dit ma mère): Le secret est tout simplement de laisser faire le temps: macérer des morceaux de viandes de boeuf/veau dans du vin blanc ou rouge au moins un jour et une nuit, si ce n’est plus. Il faut dire que rien de vaut le tour-de -main, ou l’habitude de cuisiner, les petits trucs… car les plats ne ressemblent pas souvent à ceux de mes souvenirs.

Ensuite, on fait cuire lentement avec l’aide secrète du bouquet garni -feuilles de laurier, thym, romarin, oignon- et des légumes qui sont, en fonction du  plat: carottes, pommes de terres, champignons, navets,  poireaux…

Je ne sais pas vous, mais pour moi, ces odeurs représentent celles de la famille, de l’enfance, d’un temps ou l’on prend le temps de faire les choses, tout simplement.

Et si on n’enseigne pas cela à nos enfants, si je ne leur passe pas le relais, s’ ils n’ont aucune idée qu’autrefois – il n’y a que trente cinq ans – les choses se faisaient autrement…. comment pourraient-ils appréhender les progrès “en carne propia- dans leur chair”, la chance dont ils bénéficient et ce  qu’ils ne peuvent que deviner, de façon bien artificielle?

La cuisinière, le repas familial, les longues heures de préparation, les femmes à la maison occupées par leurs tâches ménagères, la saveur des plats… tout cela m’est rappelé par la cuisinière à bois blanche de mes grands-parents et les neiges blanches de l’Aramo.

Une pensée.

les recettes qui me font rêver

Dans événements, coin des arts, pensée-express le 30/10/2009 à 21:09

Depuis quelque temps, je me prends à rêver en pensant aux épices, aromates et herbes aux saveurs fortes, sures ou aigres, douces ou piquantes et poivrées… peu m’importe.
Décidemment les recettes me font l’impression de tapis volant: un ingrédient difficile à trouver, exotique et me voici, me voilà en train d’imaginer Marco Polo lui-même sur les routes de la soie et des épices, à la recherche d’un peu de poivre, de cardamome ou de Dieu-sait-quoi.

Si la culture s’exprime par le soin que nous avons à accomoder les aliments, bouilli, crû et cuit -merci Lévi-strauss- c’est une recherche non seulement des sens, de la convivialité, mais aussi de la culture et des cultures que de s’amuser à mettre viandes, poissons, légumes et fruits à toutes les sauces!
J’avoue que c’est une façon comme une autre que j’ai de m’évader au grand bénéfice des sens -odorat, goût … – qui s’en trouvent réconfortés. Alors, cumin ou aneth fraîche, oseille et gingembre, graine de pavot et sésame… que de portes à pousser, pour le plus grand bonheur de nos papilles.

Connaissez-vous les histoires de Séhérazade?

Sinon, il est peut-être temps de faire griller quelques grains de café, de boire un thé à la menthe ou un café à la cardamome et de se laisser envoûter par ses histoires, assise en tailleur et jusqu’à l’aubre naissante, histoires captivantes à n’en plus finir, baignées par la lueur tenue et chaude d’un croissant de lune.
Alors, Sésame ouvre-toi et fait entrer Aladin, Simdab le marin et leurs histoires à peupler mille et une nuits… au son de la musique de Rimsky-Korsakov.

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.