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Archive for the ‘pensée-express’ Category

les recettes qui me font rêver

In événements, coin des arts, pensée-express on 30/10/2009 at 21:09

Depuis quelque temps, je me prends à rêver en pensant aux épices, aromates et herbes aux saveurs fortes, sures ou aigres, douces ou piquantes et poivrées… peu m’importe.
Décidemment les recettes me font l’impression de tapis volant: un ingrédient difficile à trouver, exotique et me voici, me voilà en train d’imaginer Marco Polo lui-même sur les routes de la soie et des épices, à la recherche d’un peu de poivre, de cardamome ou de Dieu-sait-quoi.

Si la culture s’exprime par le soin que nous avons à accomoder les aliments, bouilli, crû et cuit -merci Lévi-strauss- c’est une recherche non seulement des sens, de la convivialité, mais aussi de la culture et des cultures que de s’amuser à mettre viandes, poissons, légumes et fruits à toutes les sauces!
J’avoue que c’est une façon comme une autre que j’ai de m’évader au grand bénéfice des sens -odorat, goût … – qui s’en trouvent réconfortés. Alors, cumin ou aneth fraîche, oseille et gingembre, graine de pavot et sésame… que de portes à pousser, pour le plus grand bonheur de nos papilles.

Connaissez-vous les histoires de Séhérazade?

Sinon, il est peut-être temps de faire griller quelques grains de café, de boire un thé à la menthe ou un café à la cardamome et de se laisser envoûter par ses histoires, assise en tailleur et jusqu’à l’aubre naissante, histoires captivantes à n’en plus finir, baignées par la lueur tenue et chaude d’un croissant de lune.
Alors, Sésame ouvre-toi et fait entrer Aladin, Simdab le marin et leurs histoires à peupler mille et une nuits… au son de la musique de Rimsky-Korsakov.

Le buste et les pieds de Marianne

In civilisation, Des hêtres et des bêtes, pensée-express on 26/04/2009 at 12:53

L’un des symboles de la République Française est sans aucn doute cette femme du peuple, révolutionnaire, coiffée du bonnet rouge des esclaves phrygiens: Marianne, contraction de Marie et Anne, prénoms très en vogue au XVIII siècle.

Je veux raconter l’histoire de l’une d’entre elles,  non pas les célèbres Mariannes du XX siècle (Mireille Mathieu_Laetititia Casta_Brigitte Bardot_Catherine Deneuve) mais celle d’une Marianne du XIX ème siècle qui se trouve aujourd’hui dans un petit village du Sud-Ouest de la France. Elle fut ramenée de l’ancien département français de l’Oranais en Algérie française par l’un de mes grands-oncles.  En abandonnant sa terre, il désirait sans doute sauver cette Marianne « pied-noir »* alors que l’Algérie devenait indépendante.

Les Mariannes valent leur prix en euros… mais rien à voir avec tout ce que pouvait représenter cette allégorie, ce pauvre buste en plâtre polychrome, pour quelqu’un obligé d’abandonner sa terre et qui l’empaqueta dans sa valise pour la ramener « au pays ».

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« Pieds-noirs » est le nom que les populations algériennes avaient donné aux premiers colons français -chaussés de hautes bottes noires- lors de la colonisation à partrir de 18 30. On continua à appeler ainsi les européens – espagnols, italiens, séfarades…- d’Algérie (du Maroc et de Tunisie).

Je suis persuadée que cette Marianne aurait chanté la Marseillaise en Pataouète, et avec l’accent, purée!

Pour plus de renseignement sur les symboles de la République française: Marianne, le coq, le drapeau tricolore…

Pour un aperçu de l’accent pied-noir, Michel Boujenah

Lire ou ne pas lire?

In coin des arts, Des hêtres et des bêtes, pensée-express on 05/03/2009 at 10:05

J’ai toujours pensé que lire était un fait banal, trivial: tout le monde lisait, me semblait-il.

Rien n’est moins vrai, le taux d’analphabétisme est important, mais celui d’analphabétisme fonctionnel augmenterait. Les gens oublient à force de ne pas lire.

Il faut dire que certaines personnes n’arrivent jamais à tirer plaisir de la lecture… concours de circonstances et livres peu appropriés, les facteurs sont bien entendu nombreux.

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Auteur: Bourgeon

S’ajoute un aspect que l’on ne tient pas forcemment en compte: lorsqu’on parle de « lire » (dans les reproches habituels « tu ne lis jamais », « tu n’aimes pas lire », « ce n’est pas en lisant des bédés que tu vas progresser en français… ») on se réfère, inconsciemment d’ailleurs, à une idée bien particulière et profondemment ancrée de la lecture.

On ne lit bien que des livres nobles (romans…) considérant que tous les écrits n’entrent pas en ligne de compte (Bédés, magazines, messages écrits en général…).  L’idée non formulée est qu’on ne lit bien que lorsque on se plonge dans un roman (attention, pas n’importe lequel: Stendhal, Flaubert, Zola et compagnie). Il est vrai que le roman, la poésie, le théâtre… sont les écrits les plus accomplis, les plus riches de tous et cela, personne ne pourrait le remettre en question.

Mais alors, doit-on interdire la lecture aux jeunes (dans le secret et désespéré espoir) qu’ils enfreignent cette  interdiction? Doit-on imposer au programme Astérix et banir Molière? Il est aussi vrai que si on laisse passer la période scolaire, lorsque les professeurs peuvent encore guider les lectures et proposer un échantillon des textes les plus beaux de nos cultures… quand les jeunes lecteurs y auront-ils accès? Pour beaucoup, jamais.

La question est compliquée… surtout si nous, les adultes, ne prêchons pas par l’exemple et ne lisons pas régulièrement.

Tout cela pour introduire les droits du lecteur. Il est bon, de temps en temps, de se souvenir que la lecture est avant tout un instrument de communication et devrait devenir un moyen d’enrichissement personnel.

Voici donc ces droits du lecteur qui devraient nous faire réfléchir et parfois nous aider à nous déculpabiliser face à la « bonne » lecture, afin de profiter pleinement de tout ce que  lire et bien lire peut nous apporter.

Je recommande à qui s’intéresse à la réflexion sur la lecture « Comme un roman » de Pennac et le  » Vol du vampire » de Tournier.

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Installez-vous là où vous sentez bien, ouvrez ce que vous avez envie de lire… et lisez (ou ne lisez pas)!

Des hêtres et des bêtes…

In Des hêtres et des bêtes, pensée-express on 23/02/2009 at 22:59

Je pense que le temps est venu d’expliquer pourquoi j’ai intitulé cette catégorie de la sorte: il ne s’agit pas d’une coquille (erreur typographique -sournoise- qui se glissait dans les journaux, romans et écrits en général) mais d’une référence au magnifique arbre, le hêtre –fagus sylvatica-. Comme tout amateur(-trice), j’avais vu des photos de cet arbre à la sonorité et au symbolisme si riche sans toutefois jamais le reconnaître dans la nature.

J’ai marché dans une hêtraie il y a peu, dans les montagnes asturiennes en automne. C’était magnifique! Tout un versant couvert de ces arbres si vieux et si dorés. De plus, notre guide était non seulement très enthousiaste mais aussi une vraie mine concernant le folklore et les essences d’arbres, merci Gloria!

J’ai été impressionnée par leurs feuilles regroupées en cinq et qui rappellent si bien la main humaine… Déjà le nom est suggestif (Hêtre-être), mais si en plus ces arbres ont des mains comme les nôtres…

Rien ne me plaît plus que le symbolisme attaché aux arbres et à leur relation avec les êtres humains… Nymphes et dryades grecques, hommes sauvages à moitié chêne du Capitole, le grand frène Yggdrasil des peuples nordiques, les deux arbres d’Eden, le bouleau des chamans, les totems et croix…

Les légendes et les mythes sont nombreux et beaux… Ils nous parlent de l’origine du monde, de l’origine de l’Humanité quand on la racontait encore à haute-voix, non pas aux pages d’un livre. Ils nous portent vers des hommes qui cherchaient leur identité par opposition à une nature animée, qui les cernait,  menaçante à tout moment: Terre -montagnes et cavernes-, Arbres et plantes; Cieux et planètes; Eaux vives ou dormantes, fontaines et océans …

Et si les Hêtres sont des êtres,  alors les bêtes…. ?

Peut-être qu’un peu d’humilité ne nous ferait pas de mal, après tant de progrès, tant d’intelligence et tant de technologie…. car nous oublions vite qu’il y a encore peu de temps, nous grimpions probablement aux branches de ces hêtres (ou de leurs anc-êtres), tiens  justement…

C’est ainsi que de temps en temps,  l’envie me prend de couper par les chemins de traverse, de lever les yeux pour voir les arbres et de faire un peu d’école-buissonière…

La vie en … noir et blanc?

In événements, pensée-express on 09/02/2009 at 22:18

Quand il me prend dans ses bras…

Cette chanson évoque si bien un couple d’amoureux dans un Paris estompé, à la Doisneau.

Vous imaginez cette photo colorisée en rose? Non, et bien vous devriez car sous peu, Saint-Valentin et ses légions de coeurs roses et rouges envahiront nos foyers, débordant de chocolats, de bonbons … pouah! même les oeufs au plat ont une forme de coeur… (je ne mettrai pas cette image-ci ici, à côté du « Baiser », ce serait un crime de lèse-majesté).

Pour lutter contre cet écoeurement, j’aurais envie d’apporter mon particulier grain de sel -non pas de sucre- au piédestal de ce Saint (qu’a-t-il fait d’ailleurs?).

Même si les Rita Mitsouko affirment que « les histoires d’amour finissent mal, en général », la plupart des chansons que nous allons entendre dès à présent et jusqu’à ce que le 14 février ne passe, vont être du genre « fleur bleue » (« à la guimauve, cul-cul la praline, etc… »).

Bien disposée à aller à contre-courant,  je gage pour une valeur d’antan. Il s’agit d’une pavane,  belle de sobriété et d’un amour courtois si exquis qu’il faut absolument en raviver les couleurs, tiens justement.

Malheureusement, je ne peux vous faire partager une très jolie version de cette pavane, datant du XVIème, interprétée par Esther Ofarim faute de matériel on-line… mais je ne décourage pas, j’arriverai à vous en trouver une « acceptable ».

En tout cas, les paroles sont là pour, je l’espère, vous ravir!

Belle qui tiens ma vie
Captive dans tes yeux.
Qui m’as l’âme ravie
D’un sourire gracieux,

Viens tôt me secourir,
Ou me faudra mourir.
Pourquois fuis-tu, mignarde,
Si je suis près de toy,

Quand tes yeux je regarde
Je me perds dedans moy,
Car tes perfections
Changent mes actions.

Approche donc ma belle
Approche toy mon bien,
Ne me sois plus rebelle
Puisque mon cœur est tien.
Pour mon cœur apaiser
Viens, me donner un baiser.

Tes beautés et ta grace
Et tes divins propos
Ont de moi pris la place
Et causé tant de maux
En remplissant mon coeur
D’une amoureuse ardeur

Si d’un brulant martyre
Tu n’as aucun émoi
Si ta beauté m’attire
Et ne fait rien pour moi
Tant aimer et souffrir
Oh! Mieux vaudrait mourir!

Trouvez votre couleur pour la saint-Valentin; moi,  je sais d’ores et déjà que ma préférance n’ira ni au rouge ni au rose.

Musique, amie et Castille

In Des hêtres et des bêtes, pensée-express on 03/02/2009 at 16:21

J’ai une amie en Castille.

Bien plus qu’une simple amie, nous partageons la musique.

J »aime le plaisir qu’elle met à faire les choses et qu’elle se souvienne des goûts des uns et des autres. Elle vit pleinement et simplement tout ce qu’elle fait: ça paraît peu de choses mais il faut une grande dose de sagesse pour y parvenir.

Nous nous sommes connues dans une chorale car cette amie adore chanter et moi aussi, même si je suis loin d’avoir sa voix. Je me souviendrai toujours du jour où nous avons chanté ensemble dans un monastère cistércien, au bord du Duero et de celui où nous avons écouté le Monteverdi Choir de John E. Gardiner dans l’une des églises du chemin de Compostelle. Il n’y a pas de mots pour décrire ou en tout cas, je suis incapable de trouver les mots pour  dire, comment c’était.

Il y a des gens qui brillent d’une lumière particulière…

Quand la musique est une émotion, essayons de la partager.

Si on commence à écouter cette musique, qui de l’extérieur peut sembler hermétique et répétitive, on court le risque de devenir « accro ». Le peu d’instruments -souvent d’époque- la qualité des solistes, des interprètes et des directeurs font de la musique baroque « quelques grammes de bonheur dans un monde de brutes » (comme dirait la publicité).

Pour le moment, juste quelques ensembles et quelques noms:

María Christina Kiehr, René Jacobs, Andreas Scholl, Agnés Mellon, María Bayó, John Gardiner, John Solti (je préfère le style anglais)…

À user sans modération.

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Et comme le monde n’est peut-être qu’un grand spectacle, en voici un possible décor…

Dites, les élèves…

In pensée-express on 23/01/2009 at 10:07

vous pouvez écrire des commentaires sans (trop) vous soucier de l’expression!

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Bref, votre participation est bienvenue.

Pendant que j’ai le temps…

In pensée-express on 22/11/2008 at 21:51

J’étais en train de me dire, comme ça, que c’est drôlement bien de lire…

et aussi de rire, tiens!
et puis parler…  marcher, chanter et partager des moments avec d’autres personnes;
se taire aussi….
oublier et se souvenir, vouloir et pouvoir, être et avoir,
penser…. aimer…
vivre

Ah! et penser à essayer un jour toutes les actions que nous offrent les langues et leurs listes de verbes.

Si un jour on m’avait dit que j’en arriverais à considérer un « bescherelle » comme une voie de la sagesse!